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C'est l'histoire d'un gosse #9

Publié le par STEVEN

Aparté d'un jour de pluie : Le Chef

Il y a parfois des histoires bizarres. 2006, à l’ISAT, mon école de Nevers. Je discute avec 19, pilote en Promosport 600. Il a attaqué la saison d’endurance avec un team du Loiret, et cherche un mécano pour Albacete. Il me propose la place, j’accepte, mais un mois avant le départ, je suis appelé pour l’éco marathon Shell, course à l’économie d’essence sur des voitures à trois roues, sur laquelle j’ai une grosse revanche à prendre. Je suis obligé de décliner pour la course d’endurance, mais trouve un remplaçant en la personne d’Edouard, histoire de ne laisser personne en galère et de faire plaisir à un pote. L’éco marathon est un échec, et j’en oublie que l’endurance.

Avril 2007, je suis en stage à Vibraye, dans la Sarthe. L’équipe d’Isatmot, projet monté avec Prep et Gégène pour faire rouler une BMW au Bol d’or classic, m’appelle. Le Flat a avalé ses soupapes, la course est dans trois jours, et je suis missionné pour trouver une paire de culasses en diamètre 40. Après moult coups de fil, je trouve la solution chez Econoflat, où Luc et Valie m’attendent avec le café, en région parisienne. On est jeudi, 17h, j’ai emmené ma tutrice de stage après sa visite en bécane jusqu’à la gare (entre temps j’ai paumé les clés de ma moto, donc il a fallut rattraper le temps perdu pour qu’elle ait son train…), et je mets cap sur Nevers. 21h, je donne les cylindres aux mécanos, vais dormir 4h dans le coffre de la Lancia de Prep, et saute sur la BM, une plaque d’immatriculation écrite au blanc correcteur, pour faire les 300 kilomètres de rodage restant. Vu que j’ai pas de compteur, je calcule que ça fait approximativement deux aller retour Bourges-Nevers. J’en profite pour amener vers 6 heures du mat les croissants à ma mère, qui ne comprend ce qu’une moto fait appuyée sur le tas de bois... La course se fait, les pilotes (Pedro et Manu) nous vendent du rêve, et je décolle le lundi matin pour retourner à mon stage. Lundi soir, après m’être fait sortir du bureau pour cause de cernes trop importantes, coup de téléphone du Mig…

« Hé Momo, tu te rappelles que j’engage une Triumph au 24 heures du Mans !

- Ben oui !

- T’es toujours en stage à coté du Mans ?

- Ben oui !

- Bon, les motos ne démarre pas, tu pourrais venir STP ?

- Ben oui… »

Je m’arrange avec mon chef de stage, qui me donne ma semaine. J’arrive dans le stand, que nous partageons avec un certain Guy Martin… C’est un peu la galère avec les Triumph, mais on y arrive, et je suis débarqué de l’équipe le Jeudi, car elle doit être composée uniquement de filles, point crucial du projet, comme c’était convenu depuis le début. Je pars faire un tour dans le paddock, et tombe par hasard sur Edouard, qui poursuit cette année la saison d’endurance avec le team où je devais être l’année dernière… On discute, on boit l’apéro avec le team manager, Gilles, à qui je raconte mon histoire… et il me propose d’intégrer l’équipe pour les 24 heures. Fabuleux !

C’est là que je rencontre le Chef. Stéphane, Normand de son état, est ma référence pour cette course. Je l’écoute, le regarde, confirme tout avec lui… Puis, trois mois après, nous partons pour les 8 heures de Suzuka, une expérience exceptionnelle… On se lie d’amitié… Les passions sont les mêmes, l’amour de la moto, de la mécanique, mais je reste en admiration devant ses talents…

2012, j’organise pour le club un pèlerinage sur l’ile de Man. Stéphane est de la partie, c’était un de ses rêves…

2013, on se retrouve au 24 heures du Mans, moi en spectateur, lui toujours accroché à ses outils. On boit une bière autour du feu, on discute des projets… Et je luis dis que ça y est, je me sens prêt pour l’ile de Man, que je vais m’inscrire au Manx Grand Prix l’année prochaine… Et que j’adorerais qu’il soit mon mécano…

C’est comme ça que dimanche, je suis allé chercher le Chef à l’aéroport de Castletown… Heureux de ne pas lui avoir menti, heureux d’être avec lui, même si je n’ai pas pu le faire venir par mes propres moyens… La classe en col bleu arrive sous ma tente… l’œil fait vite un état des lieux… et les outils ne restent pas longtemps dans leur étui…

©David Detaille.

C'est l'histoire d'un gosse #9

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