Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

C'est l'histoire d'un gosse #7

Publié le par STEVEN

Le Bisounours triste

C’est Tibo qui m’appelle le Bisounours… C’est vrai que même si je pense que l’être humain est une sale bête, j’ai une tendance à croire dans les gens comme personne. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil… Mais des fois je me sens très seul. Je peux pas vous expliquer pourquoi ni comment j’en arrive là, mais c’est comme ça. J’aime plus personne, même pas moi. Dans ces moments de faiblesses, te reviens à l’esprit ton histoire, ce qui a fait ce que tu es devenu, et je ne sais pas si c’est l’humeur du jour mais j’ai l’impression que ce sont plus les mauvais moments qui te forge à la place des bons. Je repense à toutes ces fois où j’ai rêvé d’être ici, le plus souvent en colère parce qu’on me disait que c’était pas pour moi. Toutes ces fois où je m’imaginais essorer la poignée de gaz sur cette ile de Man pour crier ma colère à un monde qui ne m’attendait pas.

Je suis pourtant bien entouré, avec les miens qui me soutiennent mais quand mon ciel se fait gris… Mais hier soir il m’a manqué une référence, quelqu’un qui me tape sur l’épaule, qui s’assoit à coté de moi et me dise, « Je vais t’aider à aller plus vite, je vais t’aider à aller plus loin dans ton rêve ». Hier soir, j’étais con, et j’ai décidé de ne pas rouler, sur une route partiellement mouillée, parce que ça sentait l’erreur à plein nez.

Du coup, comme je ne suis qu’un humain, j’étais encore moins content, et je me suis mis au travail. J’ai fait une pause, pour essayer de comprendre tout seul comment aller plus vite. J’ai ouvert mon calepin bleu, celui où toute une année de vie s’écrit, parce que la mémoire me manque depuis le passage de morphine. Et j’ai bossé.

Comme tous les matins depuis que nous sommes là, la pluie nous a réveillés, mais je savais que je prendrais le guidon ce soir. J’avais des trucs à essayer. Et c’est passé. Seul problème, j’attendais la montagne pour mettre en œuvre, et je ne me suis pas assez appliqué sur le reste du circuit. A vouloir bien faire, je me suis retrouvé perché sur un serpent de mer à travers les bois, les villages. J’ai rien lâché, mais j’ai senti que sur cette portion là, je n’avais plus rien de « Smooth », ni de vite. Je me suis mis debout sur les reposes pied, je suis sorti de la moto pour récupérer ma trajectoire, j’ai bataillé avec elle, ses suspates affolées, son moteur hurlant. Le compteur a affiché 275 km/h dans le tunnel boisé de Sulby, moteur au rupteur… Tiens je tire un poil court. Mais je n’ai pas su changer mon comportement sur ces deux tours.

Le chrono a quand même parlé, en 22’10, puis 21’53, mais je ne suis pas content. J’ai roulé avec ma tête d’homme triste et vengeur, celle là même qui m’a parfois poussé à me dépasser, mais m’a aussi bien fait déguster. Ce soir, j’essaie de me calmer, de reprendre un peu pied, et de faire comme toujours : Être heureux avec ce que j’ai…

Commenter cet article